ओलिवियर बेउड: "फ्रांस में अकादमिक स्वतंत्रता को खतरा है"

Depuis quelques décennies, la France semblait à l’abri d’atteintes manifestes à la liberté dans le cadre universitaire mais « les temps ont changé », s’inquiète ce juriste et professeur, qui revient, dans une tribune au « Monde », sur quatre exemples récents.

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ट्रिब्यून। En l’espace de quinze jours sont survenus divers événements qui ont pour point commun de révéler l’existence de sérieuses menaces pesant sur la liberté académique (les libertés universitaires, dit-on en France). Cette liberté, assez méconnue chez nous, en raison de la faible place sociale qu’occupent les universités et les universitaires dans l’espace public, peut se définir comme une liberté professionnelle.

Plus exactement c’est, écrivait le philosophe américain Sidn ey Hook, « la liberté de personnes, professionnellement qualifiées, de chercher, de découvrir, de publier et de rechercher la vérité telle qu’ils la perçoivent dans le champ de leur compétence. Elle n’est sujette à aucun contrôle ou à aucune autorité officielle, à l’exception du contrôle et de l’autorité des méthodes rationnelles par lesquelles on atteint ces vérités ou des conclusions dans ces disciplines ».

Une telle liberté n’est donc pas un droit de l’homme, car elle n’est pas ouverte à tous, réservée uniquement aux universitaires et chercheurs. Elle est la condition d’existence de leur métier, et par là même la condition d’existence du progrès dans les sciences, qu’elles soient les sciences de la nature ou les sciences humaines. Elle se décline principalement dans trois dimensions : la liberté de la recherche, la liberté de l’enseignement et la liberté d’expression.

Des menaces inédites

Une telle liberté a été constamment menacée par les pouvoirs. D’abord par l’Eglise qui, au nom d’une vérité dogmatique, voulait interdire les découvertes qui contredisaient son dogme. Puis l’Etat lui a succédé dans ce rôle de censeur. De Louis-Napoléon Bonaparte, qui a évincé Ernest Renan de sa chaire au Collège de France, à Recep Tayyip Erdogan qui, en Turquie, a révoqué et fait emprisonner nombre d’universitaires, la liste serait trop longue à énumérer des autocrates qui se sont attaqués à une telle liberté.

Depuis quelques décennies, on pensait la France à l’abri de telles atteintes, manifestes, à la liberté académique. Les temps ont changé et les menaces se précisent, certaines anciennes dans leur nature, d’autres nouvelles et originales. Quatre exemples le prouvent.

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Le premier cas est celui où la politique s’immisce indûment dans la recherche. On a ainsi appris, fin mars, que la revue समकालीन अफ्रीका avait suspendu la parution d’un numéro spécial sur l’intervention de la France au Mali qui, en raison d’articles très critiques, avait déplu au principal organisme finançant cette revue, l’Agence française de développement (AFD). Celle-ci a invoqué de pures arguties, qu’on peut lire sur son site, pour faire « censurer » ce numéro. Une partie du comité de rédaction a démissionné et les chercheurs tentent désormais de fonder une nouvelle revue, indépendante. Dans cet exemple, une autorité publique porte atteinte à la liberté de publier, corollaire des libertés de recherche et d’expression.

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